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Quand on travaille depuis plus de 30 ans dans l'immobilier grenoblois, on rencontre en permanence des visages connus ou reconnus et on n'échappe pas à un petit tour d'horizon sur l'état du marché immobilier. Identifié comme entrepreneur professionnel de l'immobilier, on subit légitimement un flot de questions au même titre que tout autre spécialiste, par exemple l'ophtalmologiste régulièrement consulté sur la chirurgie au laser ou sur le recours aux lentilles.
Dans cette période économique particulièrement perturbée et inquiétante, la problématique est encore renforcée. En conséquence, essayons d'être synthétique et précis.
En 2011, l'immobilier a très bien passé la vague, tant dans le neuf que dans l'ancien.
Les résultats économiques sont bons et en ce qui nous concerne, je peux même dire excellents puisque nos comptes de l'année civile 2011 sont déjà arrêtés au 4 JANVIER 2012.
Curieusement, selon les métiers de l'agence, les résultats sont contrastés et surprenants.
Si le syndic reste toujours le maillon faible avec une absence complète de rentabilité inversement proportionnelle au volume de dérangements, d'agressions en tous genres et de mauvaise image, l'activité gérance-location baisse d'année en année depuis 2008 et la transaction s'envole.
Cette situation a priori surprenante est finalement logique si on prend la peine de creuser le sujet.
La gérance-location paie le prix de l'essoufflement économique de notre agglomération. Faute d'emplois créés, faute de dynamisme économique en dehors des secteurs de pointe limités en taille, la demande locative baisse, la vacance des logements augmente, les loyers sont revus à la baisse pendant que les travaux de remise en état augmentent. Contrairement à une fausse idée répandue, les propriétaires bailleurs ne sont pas à la fête et les agences immobilières également.
En transaction, l'effondrement des valeurs financières a généré un effet valeur refuge pour l'immobilier aussi bien pour se loger que pour investir à usage locatif. Nous avons assisté à plusieurs ventes avec paiement cash de clients hésitants depuis de nombreux mois et décidés brutalement. Malgré le tableau locatif peu encourageant, les investisseurs continuent à se tourner vers l'immobilier faute de mieux.
Cet attrait exceptionnel pour l'immobilier a dopé les ventes et notre chiffre d'affaires.
En 2012, en revanche, il est difficile d'être aussi optimiste. Sans céder au pessimisme ambiant bien entretenu par les médias, nous sommes bien obligés de constater :
Les structures bien gérées comme la nôtre n'auront aucun mal à passer cette crise et à attendre des jours meilleurs. Pour les plus petites ou pour les inconscients qui ont grossi de manière exponentielle en quelques années, le poids de la dette, le ralentissement de la croissance ou la baisse de chiffre d'affaires auront des effets dévastateurs.
Après ce résumé, si vous me croisez dans la rue, parlons d'autre chose, de la neige présente en abondance en montagne, des exploits à venir du FCG rugby, de littérature ou de cinéma, mais en attendant, je vous souhaite une très bonne année 2012 de bonheur, de santé et de réussite dans tous vos projets.
Michel RONZINO